Pranayama l’apprentissage de B.K.S Iyengar

juin 19

Certains connaissent l’ouvrage de référence sur le pranayama de B.K.S. Iyengar. « Lumière sur le pranayama »

Comment en est-il arrivé à une pratique aussi juste et précise?

C’est ce que je présente avec cette compilation d’extraits des livres Astadala Yogamala vol. 5 et Iyengar his life and work. Son maître Krishnamachar ne lui a jamais vraiment enseigné le pranayama. Il lui a juste indiqué d’inspirer profondément, de retenir et d’expirer profondément.

Suivent des années de recherches, d’observations, d’expérimentations personnelles.

Ce qui a été primordial était la ténacité, continuer malgré la sensation d’échec, s’inspirer du monde qui nous entoure, de ce qui est beau et juste.

Le yoga n’est pas seulement sur le tapis, mais tout autour de nous.

La première chose que je fais toujours chaque matin quand je me lève à quatre heures, c’est du pranayama. Je me demande : « Comment commencerait ma première respiration si je naissais aujourd’hui ? » C’est ainsi que j’ai commencé mon pranayama aujourd’hui. Cela vous intéressera peut-être de savoir comment fonctionne mon esprit ; j’ai également tiré un enseignement de cette réflexion.

Les premières tentatives dans le pranayama


Je me levais tôt le matin avec la ferme intention de m’asseoir. Je m’asseyais en padmasana. « Maintenant, je vais faire du pranayama. » Je restais donc assis en padmasana pendant environ une minute, et en moins d’une minute, mon esprit me disait : « Pas de pranayama aujourd’hui ». Dès que je posais mes doigts sur mes narines, je me rebellais et je haletais. Du coup, naturellement, cette journée était gâchée.

Puis j’ai commencé à pratiquer le trataka – la contemplation. Je me suis dit : « Si je ne peux pas faire de pranayama, je vais faire du trataka. » Il se trouve que le trataka m’a provoqué une sensation désagréable dans les yeux et dans le cerveau, et j’ai ainsi découvert les effets néfastes de cette pratique.

En 1944, j’ai eu l’occasion de me rendre à Mysore pour recevoir la bénédiction de mon gourou. Mon gourou ne pratiquait jamais le pranayama en présence de qui que ce soit. Il se trouve qu’un jour, il était assis et pratiquait le pranayama. Je l’ai observé pendant seulement trois ou quatre minutes : comment il plaçait ses doigts sur son nez, comment il était assis – j’ai vu sa colonne vertébrale, et c’est ainsi que j’ai pu commencé.

La pratique


Je suis rentré chez moi et j’ai commencé à essayer. Je ne parvenais pas à m’asseoir droit comme lui. Ma colonne vertébrale avait tendance à se courber, car j’avais fait beaucoup de flexions arrière à mes débuts.
Avec impatience, j’ai essayé le pranayama en Padmasana, en Virasana, en Baddha Konasana, pensant que quelque chose pourrait se produire dans l’une de ces postures, et j’ai persévéré.

Quelqu’un m’a donné un livre écrit dans les 1800, qui disait que si l’on plaçait du coton près de son nez, celui-ci ne devait pas bouger lors de l’expiration. Alors, quand j’ai essayé cela, j’arrivais à expirer mais je ne parvenais pas du tout à inspirer. Tout le monde, tous les livres, expliquaient l’expiration. Et l’inspiration, alors ? Comme c’était difficile à apprendre !

1948, j’enseignais à Krishnamurti, et sa théorie de la « vigilance passive » s’apparentait à ce coton qui ne devait pas bouger. J’ai alors commencé à inspirer en maintenant cette vigilance passive, en me disant que, tout comme lors de l’expiration, le coton ne devait pas bouger lorsque j’inspirais. Je ne devais même pas le sentir dans mes narines. Mon cœur s’est mis à battre plus fort lorsque j’ai fait cela. Je me suis donc retrouvé pris entre deux feux, ne sachant pas comment faire. J’ai alors commencé à pratiquer une inspiration douce en effleurant légèrement la muqueuse nasale. J’ai ressenti une sensation d’exaltation et de quiétude. Je me suis dit que cela devait être la bonne méthode et j’ai commencé à manipuler les muscles intercostaux de la poitrine, les doigts sur le nez, etc.

1958, je restais en Kapotasana pendant 15 minutes. Mais un jour, je me suis dit : « Je vais essayer le Janu-Sirsasana » – je n’ai pas pu tenir 15 minutes. Ainsi, en 1958, j’étais déterminé à apprendre à rester aussi longtemps dans les flexions avant que dans les flexions arrière. Au cours de cet apprentissage, ma colonne vertébrale a résisté et ne s’est pas affaissée lorsque je m’asseyais pour pratiquer le pranayama.

Vers l’art du pranayama


J’étais en Suisse en 1960. J’avais l’habitude de me lever pour pratiquer le pranayama. Un jour, j’ai ressenti ce délice, ou le parfum de cette inspiration, qui n’était ni trop froide, ni trop chaude. Une sensation est apparue dans mon nez alors que je contrôlais mon souffle avec mes doigts. Cette sensation m’a donné la clé pour savourer l’inspiration et l’expiration.

C’est grâce à ce parfum que j’ai ressenti en 1960 en Suisse que j’ai appris à placer mes doigts sur mon nez, comme je l’avais vu faire par mon gourou en 1944. Mon propre élève, Yehudi Menuhin, était également mon gourou, même s’il n’a jamais su que j’avais appris de lui. J’observais la façon dont il tirait sur les cordes du violon et l’espace qu’il créait ainsi ; la manière dont il fléchissait ses articulations et comment celles-ci réagissaient, comment la chair se comportait à l’arrière, quelle partie de son doigt il utilisait pour maintenir la corde. J’ai remarqué toutes ces choses. Puis j’ai commencé à jouer sur mon nez, et c’est ainsi que j’ai appris le pranayama.

Recommandations d’ouvrages en français si vous débutez dans la pratique du pranayama

« Le pranayama pour les débutants » Transcriptions des cours de Geeta S. Iyengar

« Introduction au pranayama » Livret d’initiation dédié à l’observation de la respiration à travers des explications simples de Prashant S. Iyengar

A retrouver sur le site de l’Association française de yoga Iyengar


Les matériaux qui sont d’une aide précieuse développés par B.K.S Iyengar